4 questions au directeur de l'IGB

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L'ASSOCIATION DE L'EXPERTISE D'IGN FI A LA CONNAISSANCE TERRAIN DE L'IGB, LA FORCE DE NOTRE PROJET

Claude Obin TAPSOBA, directeur Général de l'Institut Géographique du Burkina (IGB) répond à nos questions sur les enjeux de la mise à jour de la cartographie de base au 1/200 000 de son pays et sur la manière dont l'IGB et IGN France International sont amenés à travailler ensemble. 

1/ La récente cérémonie de lancement du projet a rassemblé plus de 200 participants sous le haut patronage de son excellence Monsieur le Premier ministre. Quel sont les enjeux et les attentes du pays par rapport à un tel projet ?

La plus grande échelle de cartes couvrant le Burkina est celle du 1/200 000. Comme vous le savez, cette carte n'avait pas été révisée depuis les années 1960, date de sa réalisation. En 50 ans, des changements profonds sont intervenus au niveau national. C'est cela qui justifie la mise à jour en cours. 

La récente cérémonie présidée par le Premier ministre a connu la participation des membres du gouvernement et de plusieurs élus de l'Assemblée Nationale, preuve de l'importance accordée à ce projet par les plus hautes sphères de l'Etat.

Par leur présence massive, les autorités ont voulu exprimer l'adhésion de l'exécutif et de la représentation nationale au processus de mise à jour des cartes. Ces cartes et bases de données constituent des outils performants permettant aux décideurs d'influer positivement sur la planification, la gestion et le suivi des projets et programmes nationaux dans les domaines divers et variés que sont les infrastructures routières, l'eau, l'agriculture, les mines, l'environnement pour ne citer que ceux-là. La carte mise à jour va également contribuer à la prévention des catastrophes.

2/ Quelle sera la diffusion envisagée de ces données géographiques ainsi produites? A quelles administrations ou à quels secteurs seront-elles les plus utiles ? Quel était le mode de fonctionnement actuel des administrations locales ?

Les administrations utilisatrices de données géographiques recevront gracieusement la base de données. Les bénéficiaires qui peuvent être d'ores et déjà cités, sont  ceux en charge de l'eau, des mines, des statistiques, des routes, des sols, de l'environnement, de l'urbanisme, de l'aménagement et de l'administration du territoire. 

Les acteurs locaux qui exprimeront la demande recevront également la base de données mais il convient de préciser que les communes ont besoin de cartes à plus grande échelle pour soutenir les plans communaux de développement.

Jusqu'à présent, ces administrations utilisaient des données inappropriées générées à partir des cartes 1/200 000 obsolètes ou à partir de photographies aériennes non redressées. Evidemment, ces procédés n'offrent pas aux utilisateurs, les qualités requises en termes de précision géometrique et de contenu, pour les applications professionnelles.

3/ Le projet prévoit un important volet de renforcement des capacités opérationnelles de l'IGB. En quoi consiste-t-il précisément ?

L'idée est de réaliser la mise à jour des cartes en associant l'expertise d'IGN France International à la connaissance du terrain des agents de l'IGB. Ce transfert de compétences va ainsi permettre à l'IGB de prendre en main la base de données qui est attendue à la fin du projet. A terme, l'IGB sera aussi capable d'apporter de la valeur ajoutée en produisant à la demande des cartes thématiques diverses et des systèmes d'information aussi bien pour les acteurs du privé que du public.

Les formations identifiées seront dispensées dans les locaux de l'IGB sur les équipements et les logiciels professionnels acquis par le projet et dont certains sont développés par les experts d'IGN France International.

4/ Le Burkina Faso s'est lancé en 2005 dans un projet de base de données d'occupation des terres. Comment ce projet est-il rendu compatible avec la production actuelle de la base de données topographiques ? 

Les données produites au fil des projets menés avec IGN France International, que ce soit les données produites dans le cadre du projet de base d'occupation des terres ou encore de la modernisation de la cartographie au 1/200 000, s'inscrivent dans un plan d'ensemble. Elles résultent, d'une part, de la même philosophie de transfert de compétences et d'autre part, seront produites de manière à ce qu'elles soient parfaitement superposables. Les différentes couches d'information ainsi constituées pourront ainsi être recomposées pour répondre aux besoins des acteurs du développement institutionnels ou privés. 

Diplômé de l'Ecole Nationale d'Ingénieur du Mali en tant qu'ingénieur topographe, Claude Obin TAPSOBA débute sa vie professionnelle au sein d'un groupement d'entreprises françaises sur la construction du barrage hydroélectrique de la Kompienga au Burkina Faso. A la fin de la construction de cet important ouvrage, il intègre la Direction Générale de l'Urbanisme et de la Topographie. En 1994, il est appelé à renforcer l'équipe de l'Institut Géographique du Burkina (IGB) au poste de directeur technique. Il a occupé cette fonction jusqu'en fin 2002 avant de se voir confier la direction générale de l'IGB. 

Contact : claudeobin[at]gmail.com ou instit.geog[at]fasonet.bf
www.igb.bf/

Lire en complément, l'interview du directeur régional d'IGN France International